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Additif E904 - Résine de shellac


Dernière mise à jour le 11/10/2007
Nom(s):

Résine de shellac

Famille: Divers
Le E904 (Résine de shellac) est autorisé en france sous conditions.
L'additif peut aussi etre limité à certaines dose (Quantité maximales autorisées dans un aliment)
L'additif peut aussi etre limité à certaines catégories d'aliments (Liquides par exemple).
Origine du E904 :
  • Sécrétion d'insectes asiatiques
Régimes spéciaux:
MUSULMAN: Cet additif est douteux (parfois halal, parfois pas)
  • Après consultation de théologiens, le statut de cette substance résineuse secrétée par la cochenille est ambigu.
VEGETARIEN: Cet additif n'est pas végétariens
JUIF: Cet additif est douteux (parfois casher, parfois pas)
Listes completes :halal végétariens cashers
Description de l'additif E904 (Résine de shellac) :
agent de texture, fabriqué par un insecte asiatique
Risques :
[0] Sans danger
Sources :
.3 [AR021097] P70

Remarques des internautes sur le E904 (Résine de shellac) !

gregory.gratien
FOUTAISE, il n'est pas interdit en FRANCE
moktoipas
Corrigé. Ainsi que E900 à E903...
Je les ai loupés dans les arretés...
psiky
Sans danger ? en sait-on plus?
loulove83
Je travaille pour une boite qui fournit du Shellac à des grand distributeurs français de produits sucrés destinés aux enfants, rendant la vie belle, et je peux vous assurer que c'est sans danger... :)
Mais personnellement, depuis que je suis ici, je ne mange plus de bonbons, ca me répugne.
baadja

21/09/2007 16:28:48

le E 904 EST-IL D'ORIGINE PORCINE
Moktoipas

21/09/2007 18:23:21

Si tu lisais avant de poser la question, tu aurais lu

4 a) Origine du E904 :

* Sécrétion d'insectes asiatiques


Ce n'est donc pas d'origine porcine.
francois.perego

26/10/2007 22:05:17

Et puis, après avoir donné des infos pour la cire de candelilla et la cire de carnauba, je continue avec la résine laque... Déjà, bien que le vrai terme serait "résine laque", l'appellation française entrée dans le langage est "gomme laque". On ne peut pas dire "résine de shellac", c'est un barbarisme anglo-français !

Dommage, je vois que vous perdez toutes la mise en forme du texte des passages de mon dico... ça sera plus difficile à lire (gras, italique, casse...). En tous cas, encore félicitations pour votre beau travail !

François Perego

Résine laque
Liant d'origine animale.
1.- Nature et origine
C'est la seule résine naturelle produite par un animal. Elle est sécrétée par des cochenilles du genre Kerria (Lacciferidés) qui regroupe douze espèces d'insectes à laque indiens. La principale est K. lacca. On peut citer aussi les cochenilles à laque américaines en particulier Carteria larreae et C. mexicana.
L'insecte : seule la femelle secrète la résine, sa durée de vie est d'env. six mois. Il y a donc deux générations par an. L'éclosion d'été donne des larves qui atteignent leur maturité au moment de la saison froide (couvée d'été), apparaît alors la génération d'hiver (couvée d'hiver), ce qui correspond aux deux récoltes de laque (§ 6.1). Les larves qui vivent sur le kusum éclosent env. un mois plus tard que sur la plupart des autres arbres, mais cette provenance donne la laque la plus estimée. Les larves rouge-orangé émergent par des trous formés dans la croûte de laque sécrétée par leur mère. Après plusieurs mues, les larves femelles s'installent définitivement sur une brindille assez tendre pour s'y nourrir et s'y établir (jusque-là elles ne se nourrissaient pas). Elles se fixent perpendiculairement à la branche à l'aide de leur appareil piqueur suceur, et commencent à produire de la laque très transparente. Après une dernière mue, les pattes et les antennes deviennent rudimentaires et les insectes prennent la forme d'un sac piriforme, surmonté de trois excroissances, deux d'entre elles sont les orifices respiratoires, la troisième porte les orifices anal et génital. Après l'accouplement, les femelles mesurent env. 1,6 mm. Elles deviennent rouges et la sécrétion de laque s'accroît, au point que les insectes se soudent entre eux par une croûte continue qui peut atteindre 6 à 7 mm d'épaisseur et former un manchon autour de la branche. Les orifices respiratoires et anal sont protégés par une sécrétion de cire filamenteuse, parfois très abondante. Chaque insecte produit entre 10 et 70 mg de résine. La couche de résine assure la protection de la progéniture. Les femelles meurent env. un mois après l'accouplement. Les oeufs arrivent à maturité dans le corps mort de la femelle. Une femelle peut engendrer de 300 à 1 000 larves.
On a longtemps cru que la résine laque était sécrétée par l'arbre suite à la piqûre de l'insecte, et que ceux-ci s'y trouvaient englués. Cette thèse circulait encore dans les années 1950... Pourtant, J. F. Watin en 1773 rapporte déjà qu'elle vient "d'un dépôt que font certaines fourmis volantes sur les branches d'arbres, en y formant des ruches." (WatAPD2 210). La résine laque de Madagascar a été appelée "oeufs de fourmis".
Les plantes hôtes : les insectes du genre Kerria parasitent un nombre considérable d'arbres, plus de 400 espèces ont été recensées ! Pour la culture, on exploite tout particulièrement Butea monosperma (= dhak, palas, arbre à laque de Malabar ; Fabacées, mentionné dans les écrits sanscrits comme lakshatarn, "l'arbre qui nourrit cent mille insectes"), Zizyphus mauritiana (= ber, Rhamnacées) et Schleichera oleosa (= kusum, Sapindacées). En général les insectes préfèrent les bois tendres et non résineux.
Zones de production : les cochenilles à laque sont largement distribuées dans le monde, mais elles sont surtout exploitées en Asie, et seules certains pays les cultivent à une échelle commerciale. Les principaux sont, par ordre d'importance, l'Inde, la Thaïlande, la Chine et la Birmanie. En Inde (plus de 95 % de la production mondiale) elle est cultivée dans les Etats de Bihar (60 % de la production), Madhya Pradesh, Bengale Occidental, Maharashtra, Orissa et Gujarat. La récolte est faite par 3 à 4 millions de paysans, plutôt pauvres, pour un revenu d'appoint. Jusque dans les années 1960, les Etats de l'Assam, Tamil Nadu, Andhra Pradesh et Karnataka la cultivaient également. La laque était exportée jadis de Calcutta.
2.- Lexicologie
Synonymie
Gomme laque (incorrect, ce n'est pas une gomme mais une résine, ce qui est déjà signalé en 1779 par P. A. Le Pileur d'Apligny), laque (porte à confusion avec le laque, les pigments laqués et les peintures laquées), lacca?. Et diverses appellations en fonction des traitements qu'a subis la résine :
Laque en bâton (produit brut tel qu'il est formé sur les branches) : laque en branche?.
Laque en grain (produit purifié) : laque en sorte?.
Laque en écaille (précédente fondue et raffinée) : laque en feuille?, laque plate? (porte à confusion avec certains pigments laqués comme la laque de garance ou de carmin). On distingue encore selon la qualité : laque en aiguilles, laque en bouton, laque blanche, laque jaune, "cerise", "fine orange", "citron I et II", shellac TN (Truly Native, laque "standard"), A.R.T.N (Angelo Brothers Truly Native), laque décirée blonde, etc.
Etymologie
Laque apparaît vers le XVe siècle (lacce), du latin médiéval lacca, emprunté à l'arabo-persan lâk, teinture rouge, de l'hindi lâkh, du sanscrit lâkshâ, qui signifient "centaine de milliers", par allusions aux très nombreux insectes qui apparaissent sur l'arbre parasité après éclosion des larves (§ 1). Lâkshâ pourrait dériver aussi du chinois La Cha (voir Cire de Chine § 2). D'ailleurs, le synonyme sanskrit de la résine laque, arundathi signifie "lieur de blessure", car la laque était utilisée pour les pansements (apparemment comme la cire de Chine).
3.- Historique
Sur les traces de l'insecte rouge. "Si les premières traces écrites de l'existence de la laque remontent à plusieurs milliers d'années, il est probable que bien avant ces premiers écrits, les populations tribales qui occupaient la région de l'Inde connaissaient déjà la culture et l'utilisation de la laque. La plus ancienne description de la laque, de l'insecte à laque [...] et aussi des applications à des fins médicinales apparaît pour la première fois dans l'Atharva-Veda livre V, hymne (Suktha) V daté de 1500 ans av. J.-C." (CachLGL 8.) Dès le Ve siècle av. J.-C., Ctésias de Cnide mentionne dans sa description de l'Inde "un insecte [...] rouge vif que l'on trouve sur les arbres qui produisent l'ambre" (in CarGTN 380). Pline cite également l'ambre de l'Inde (PlinHN 37; 46). On sait par ailleurs que la résine laque était importée de l'Inde vers l'Egypte et le Bassin méditerranéen au moins au Ier siècle ap. J.-C. et, peut-être suite à la campagne d'Alexandre le Grand (vers 328-325 av. J.-C.), très probablement pour la teinture (voir Lac-laque § 3).
La laque (la résine et le colorant) est utilisée par les artistes indiens depuis plus de 2000 ans. Ce n'est qu'au IIIe siècle ap. J.-C. qu'elle est mentionnée dans la littérature chinoise. Les ethnies de l'actuel Yunnan l'employaient pour le vernissage des plats. L'utilisation de la laque pour le vernissage du bois restera limitée pendant longtemps à l'Orient. L'empereur Moghol Akbar (1542-1605) fait décorer les édifices publics avec des mélanges de laque et de pigments, comme il est décrit dans le Aïn-e-Akbari daté de 1590 (chroniques de son règne).
Un intérêt tardif en Europe. Bien qu'en 1298 Marco Polo mentionne l'utilisation de la résine laque pour les vernis, celle-ci reste inconnue jusqu'au XVIe siècle en Europe. En revanche, le colorant y est largement employé, mais alors, que faisait-on du "résidu" d'un produit si coûteux ? (voir Lac-laque § 3). L'intérêt des Européens pour la résine laque ne débutera qu'à partir du XVIIe siècle, suite aux écrits des explorateurs sur l'utilisation de la laque dans la finition des bois en Orient. En particulier celui, daté de 1596, du voyageur J. H. Van Linshoten, envoyé par le roi du Portugal aux Indes. Au début du XVIIe siècle, T. de Mayerne la mentionne (MayePS fol. 21, 48), et dit que "C'est le vernix de la Chine" ou avec elle que "se faict le vernix de la Chine". Au XVIIe siècle, le Manuscrit de Padoue parle à plusieurs reprises de la résine laque ("gomma lacca"), plusieurs recettes "pour faire le vernis indien" y font appel. Une autre décrit un moyen pour la purifier, et conclut que " cette gomme ainsi purifiée sert pour lustrer tous les travaux." (in MerrOT 2; 688-689). Au XVIIe siècle, la Compagnie des Indes Orientales développe le commerce de la laque de l'Inde vers l'Europe. Les artisans appréciaient alors la brillance et la dureté des films qu'elle produit. Au XVIIIe siècle, elle est très prisée pour l'ébénisterie.
Dans les années 1870, suite à l'effondrement de l'intérêt pour la matière colorante, la résine laque devient la première résine utilisée par l'industrie. Très vite, l'industrie du phonogramme (mis au point par E. Berliner en 1895) en sera le premier consommateur jusqu'à l'avènement des disques en copolymères de polyvinyle, après la seconde guerre mondiale. La première fabrique industrielle de raffinage, la firme Angelo Brothers Ltd, fut fondée en 1898. Jusqu'au début du XXe siècle, la résine laque était "la" résine des vernis à l'alcool, elle leur donnait de la dureté. En 1905, l'Inde en exportait 13 000 t.
Dans les arts graphiques : elle a peu servi pour les vernis à tableaux, quoiqu'on signale des cas (malheureux...) au XIXe siècle. Par contre, elle fut prisée pour les fixatifs à pastel et à fusain. Elle est mentionnée par J. G. Vibert vers 1900 pour la confection d'encres indélébiles (dissolution dans une solution de borax).
4.- Composition
Elle varie suivant les traitements (§ 6.2). La laque en bâton contient de la résine, de la cire (§ 1), des débris végétaux et le corps des insectes, particulièrement riches en matière colorante (voir Lac-laque § 4). La laque en grain renferme moins de débris organiques étrangers, de cire et de matières colorantes (en particulier les colorants hydrosolubles). La laque en écaille, étant filtrée, ne contient pratiquement plus que de la résine, de la cire et plus ou moins de matières colorantes.
La laque en bâton renferme 70 à 80 % de résine, 6 à 7 % de cire, 4 à 8 % de colorants (hydrosolubles ou non), env. 9 à 10 % d'impuretés et 3 à 4 % d'humidité. La composition varie toutefois en fonction de l'espèce, de l'environnement et de plante hôte. La matière colorante est plus abondante si l'on n'a pas laissé les oeufs éclore (voir Lac-laque § 1). La laque du Cachemire, produite par Kerria fici, est jaune, les insectes ne sécrétant que les colorants jaunes.
La laque fondue et purifiée contient de 3 à 5 % de cire de gomme laque. La couleur de la résine laque en écaille dépend de la laque en grain utilisée. La pharmacopée européenne de 1996 donne quatre qualités de laque en écaille : résine laque non décirée, décirée, blanchie et décirée blanchie. Les deux premières ne contiennent plus que des colorants anthraquinoniques non hydrosolubles (25) (moins de 0,5 %) : l'érythrolaccine (env. 75 % des colorants non hydrosolubles), la désoxyérythrolaccine (env. 20 %) et l'isoérythrolaccine (env. 5 %). La résine laque blanchie n'en contient plus. La résine laque blanchie retient 2 à 6 % d'humidité résiduelle.
La résine purifiée est une résine de type polyester. L'hydrolyse* basique permet de libérer des acides essentiellement hydroxylés ; d'une part les acides aliphatiques (acides gras), en particulier l'acide aleuritique (110) (= acide paraffinoïde?) ; d'autre part les acides alicycliques (de nature sesquiterpénique) (110), surtout les acides shellolique (le principal), épishellolique, laksholique, épilaksholique et jalarique. Acides aliphatiques et alicycliques sont en proportions égales et liés entre eux par des liaisons ester pour donner des polyesters complexes de différentes masses moléculaires (ils forment également des lactones* et des lactides*). Masse moléculaire* moyenne relativement basse, env. 1000. On peut séparer la résine laque en une fraction molle (env. 30 % de la résine) et une fraction dure (env. 70 %), elle même mélange de plusieurs polyesters. La résine laque d'origine chinoise a une composition semblable à celle de l'Inde.
Les fraudes : elle fut parfois fraudée avec de la colophane (jusqu'à 10 %, il semble toutefois que longtemps cette pratique, dans des limites raisonnables, n'était pas frauduleuse, mais inhérente au traitement, de même que l'ajout d'orpiment, § 6.2). La laque grenat était une laque de très mauvaise qualité de couleur sombre et additionnée d'une forte proportion de colophane pour en abaisser le point de fusion. Cette addition se révèle par la solubilité anormale dans l'éther de pétrole et l'indice d'acide* beaucoup plus élevé.
5.- Propriétés
5.1 Caractéristiques physiques
Caractéristiques organoleptiques et optiques :
La laque en bâton : cylindres, manchons de résine autour d'une branche, brunâtre ou rougeâtre (voir ill. p. 629). La couleur dépend de l'hôte, la plus pâle est sécrétée sur l'arbre kusum. Elle colore la salive en rouge, son odeur est particulière. On la vend souvent séparée de la branche, fragments du manchon de laque. On peut distinguer, sur la cassure, des cellules où résidaient les insectes.
La laque en grain : fragments arrondis, moins rouges que la précédente car elle est privée de ses colorants hydrosolubles (voir § 4 et Lac-laque § 4).
La laque en écaille : fines lamelles brisées, d'épaisseur inférieure au demi-millimètre, de contour polygonal. Elle est fragile, la cassure est brillante, l'odeur est nulle ou très faible. La couleur, due aux colorants non hydrosolubles (§ 4), varie du rouge cerise foncé au jaune très pâle, en passant par des tons oranges ou bruns (l'érythrolacine est orange-jaune, les autres sont rouges). La transparence varie également. La laque en bouton a la forme de petits disques ou de pastilles, épais de quelques mm. En Inde, on fait aussi de la laque étirée en fils assez fins, c'est la laque en aiguilles ou en fil. On a vendu la laque décolorée sous forme de torsades que l'on conservait sous l'eau. La résine laque non blanchie présente une fluorescence orangée éclatante caractéristique aux ultraviolets. Le produit blanchi montre une fluorescence blanche. L'indice de réfraction est de 1,53.
Autres caractéristiques physiques : sa densité varie de 1,035 à 1,140 (le stick-lac est plus léger). Le point de ramollissement est de 65 °C (62 à 68 °C). Le point de fusion varie de 115 à 120 °C. Elle répand une odeur agréable en fondant. Les films de résine laque non décirée sont plus souples, mais dans tous les cas ils sont assez durs.
5.2 Caractéristiques chimiques
Solubilité : elle est insoluble dans l'eau, faiblement soluble dans les hydrocarbures aliphatiques (2 à 6 % dans l'éther de pétrole, ce qui correspond principalement à la cire), l'essence de térébenthine (9 à 14 %), l'essence d'aspic, les hydrocarbures aromatiques (20 % en poids dans le benzène), l'éther (22 à 26 %). Elle est soluble dans l'éthanol (85 à 96 %), les alcools des premiers termes, l'acide acétique, l'acide formique, et soluble à chaud dans les solutions aqueuses de triéthanolamine, de carbonate d'ammonium et de borax, et soluble à froid dans l'ammoniaque. Ces solutions alcalines ont une teinte mauve, due aux colorants (violacés en milieu basique). La dissolution est souvent partielle, par exemple l'alcool ne dissout pas les cires à froid, les hydrocarbures aliphatiques ne dissolvent pas la résine, et une solution dans le carbonate de sodium à 2,5 % laisse surnager de la cire. Les dissolutions de résine laque sont plutôt des dispersions* colloïdales*. Aussi, il est recommandé de la laisser d'abord gonfler dans une petite quantité de solvant, puis d'ajouter petit à petit le restant, de manière à provoquer le gonflement progressif et illimité de la résine, ce qui conduit à la dissolution. La dissolution dans le borax donne un film insoluble dans l'eau à froid, quoique la solution soit diluable dans l'eau froide à volonté (la teneur en résine des dissolutions dans les alcalis ne doit pas excéder 25-30 % afin d'éviter une prise en gel). L'addition à chaud d'un peu d'acide stéarique diminue de près de 50 fois sa perméabilité à la vapeur d'eau.
Réactivité : on préconisait de conserver la résine laque en écaille de préférence en solution alcoolique ou sous l'eau (et à l'abri de la lumière). En effet, le séjour dans l'eau ou un alcool qui contient forcément un peu d'eau favoriserait une hydrolyse*, celle-ci est propice à une plus facile dissolution. Inversement, on recommande de ne pas conserver la résine laque au chaud pour éviter la perte de solubilité entraînée par une augmentation de la masse moléculaire* (le phénomène ne semble pas intervenir pour les solutions). Il a aussi été démontré que la résine laque s'insolubilise d'autant plus qu'elle a été fondue. Cette insolubilisation n'est que le résultat de la polyestérification entre les fonctions acides et alcools encore libres. Ce phénomène intervenant également dans le temps, un vernis à la résine laque est donc difficilement réversible*. A noter que le chauffage d'un simple mélange d'acide shellolique et d'acide aleuritique donne une matière aux propriétés proches de la résine laque. La résine laque blanchie présente une faible stabilité et une modification de la brillance des films du fait des transformations chimiques créées par le blanchiment. Aussi, elle perd de sa solubilité dans l'alcool et les alcalis avec le temps.
Autres caractéristiques chimiques : indice d'acide* de la résine en écaille env. 70 (60 à 95) ; indice de saponification* 204 à 230 ; indice d'hydroxyle* env. 260 ; l'indice d'iode* env. 15 (10 à 18).
6.- Récolte et préparation
6.1 Récolte
Six mois après avoir ensemencé les plantes hôtes taillées de façon à obtenir le maximum de jeunes pousses (§ 1), la laque est récoltée. Pour cela on coupe ou gratte les branches incrustées, que l'on met à sécher à l'ombre, ce qui donne la laque en bâton. La laque kusumi, qui vient sur le kusum, est plus abondante et sa récolte est plus tardive. La rangini, qui vient des autres plantes hôtes (en particulier le dhak et le ber, § 1), est plus colorée (rang en hindi signifie couleur). La laque récoltée avant l'éclosion des insectes est nommée ari. Celle récoltée après la sortie des larves est nommée phunki ou phungi, elle est moins colorée (§ 4), on la préfère pour la préparation des vernis. Le rendement moyen de laque en bâton par arbre de type kusum, ber et dhak est respectivement de 10, 6 et 4 kg.
6.2 Traitements de la résine
La laque en grain est obtenue en broyant et tamisant la laque en bâton pour éliminer les plus gros morceaux de bois. On la lave à l'eau (éventuellement alcalinisée avec un peu de carbonate de sodium) afin d'éliminer le reste des colorants hydrosolubles, et entraîner une grande partie des corps d'insectes et des débris de bois (la matière colorante peut être récupérée des eaux de lavage, voir Lac-laque § 6). Après plusieurs lavages, elle est étalée pour être séchée à l'air. Les particules les plus grosses sont sélectionnées pour donner la meilleure qualité de résine.
La laque en écaille, traditionnellement, on l'obtient en faisant fondre à la chaleur d'un feu la laque en grain dans un long boudin de toile fine (jusqu'à 12 m de longueur sur 5 cm de diamètre !). Deux hommes le tordent, la laque fondue et filtrée est soit coulée sur un tronc de bananier, soit étirée à la main par un ou deux ouvriers. On peut aussi aplanir les feuilles encore molles avec des bouteilles de grès remplies d'eau chaude. Les feuilles refroidies sont brisées en morceaux. Fabriquée à la machine, elle est d'épaisseur plus régulière. Jadis, on ajoutait parfois 2 à 5 % de colophane à la résine brute pour en abaisser le point de fusion, et également un peu d'orpiment.
La purification en solution consiste à dissoudre la résine à chaud, le plus souvent dans l'éthanol, et à filtrer la solution chaude si l'on veut la résine non décirée. Si on laisse refroidir avant filtration la cire précipite, elle est séparée par filtration ou centrifugation. Le solvant est éliminé sous vide. Ce procédé est économique et n'altère pas la résine. On peut également partir d'une dissolution dans le carbonate de sodium (voir Cire de gomme laque § 6).
Le blanchiment peut se faire sur une résine décirée ou non. Un procédé consiste à dissoudre la résine en grain dans une solution aqueuse de carbonate de sodium à chaud (la résine est décirée par la même occasion), on ajoute une solution diluée d'hypochlorite de sodium ou de l'eau oxygénée, puis la résine est précipitée par un peu d'acide sulfurique, rincée et séchée. Le procédé Elsner consiste à filtrer sur noir animal la dissolution alcoolique de résine.
7.- Utilisations
Elle est totalement proscrite pour les fixatifs et les vernis à tableaux (brunissement et insolubilisation, même si l'on choisit la résine la plus claire). Bannie également des solutions pour refixer les fresques ou autres peintures murales. En fait, il existe de nos jours des résines synthétiques bien plus performantes capables de la remplacer dans chacune de ces applications. Interdite aussi pour "fixer" le dessin avant de reprendre en peinture à l'huile ou comme couche d'imperméabilisation des enduits maigres (il peut s'ensuivre de graves problèmes d'adhérence entre les couches de telles "tranches napolitaines"). De plus, elle n'est pas très bon marché.
Par contre, une dissolution alcaline est encore employée pour les encres à l'eau indélébiles dites de Chine. Vibert donne la recette suivante : saupoudrer doucement 60 g de résine laque finement pulvérisée dans 0,5 L de solution aqueuse bouillante de borax à 20 % sous agitation. Faire bouillir longtemps, filtrer, on obtient un liquide sirupeux assez coloré.
N.B. Si l'on chauffait le tout d'un coup, on obtiendrait une masse plastique de résine laque fondue difficile à disperser. J. Desalme et L. Pierron donnent deux autres recettes : dissoudre 300 g de résine dans 100 g d'ammoniaque à 22 ° B avec 0,6-0,7 L d'eau (chauffer après 12 h de contact juste pour éliminer le léger excès d'ammoniaque) ; dissoudre à l'ébullition 300 g de résine dans 2 L d'eau contenant 100 g de borax.
Elle entre également dans la composition des crayons lithographiques.
hmellouk

08/11/2007 11:31:32

Bonjour,
quelqu'un peut me dire chez qui je peu me fournir du shellac E904?
pitrac

13/12/2007 10:59:21

je connais une société qui vend en aérosol ce produit comme vernis alimentaire
neo-spray.com
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